SITUATION MÉTÉO LOCALE EN JUIN 1957
Dans un premier temps il est essentiel de rappeler que la situation météorologique de juin 1957 n'a rien d'exceptionnelle en elle-même. Elles constituent une situation qui se produit assez fréquemment au printemps sous l'effet d 'une positon septentrionale de l'anticyclone des Açores et de l'établissement de dépressions en Méditerranée. C'est donc un concours de circonstances locales qui a provoqué des pluies particulièrement abondantes et ce phénomène de retour d'Est se produit régulièrement au moins une fois en hiver également sur l'Est Queyras -Viso - Haute- Ubaye et pouvant apporter en 48 h entre 2 a 3 mètres de neige parfois plus.
En juin 1957, les totaux les plus élevés de la période ont été recueillis de la vallée de la Tinée à celle de l'Isère, aux abords immédiats de la frontière et tout particulièrement dans les stations situées, comme Abriès, dans les hautes vallées débouchant en col sur les versants italiens entre des massifs très élevés et particulièrement abrupt. Normalement l'air aurait dû sur le versant français par effet de fœhn au fur et a mesure qu'il redescendait les vallées du Queyras, s'amorcer comme à l'habitude très très rapidement et perdre de son activité dès Aiguilles en Queyras et disparaître vers Château-Queyras. Mais il n'en fut rien car l'air arrivant de la plaine du Pô à été bloqué par un effet de front qui a maintenu une ascendance sur toutes les hautes vallées. Par contre, aux abords de la Durance, la protection des masses d'air froid de ce front s'est exercée, ce qui s'est traduit par une brusque diminution de la pluviosité, mais qui à tout de même donné des précipitations jusqu'à Guillestre et Embrun, généralement jamais touchés par ces phénomènes localisés de retour d'Est.
Ainsi s'expliquent à la fois les très fortes précipitations des hautes vallées de l'Ubaye, du Guil et de la Cerveyrette et la pluviosité banale des bassins des affluents de rive droite de la Durance. A noter que les records d'Abriès correspondent tous pour les dernières décades à des mécanismes de retour d'Est, tel fut notamment le record précèdent en 1948 du 12 au 15 mai : 244mm contre 302 mm du 12 au 16 juin 1957.
Dans le haut Queyras, le phénomène est typiquement printanier et se produit entre avril et juillet. Généralement les orages d'été ou les perturbations automnales donnent des précipitations inférieures. Dans l'Ubaye, au contraire, ou les masses d'air méditerranéennes venant de S ou SW peuvent subir une ascendance forcée et donner de fortes averses en automne ou en été. Dans l'ensemble, on peut admettre que les circonstances météorologiques déclanchant des pluies de 200 à 300 mm en quelques jours sur le haut Queyras et sur la haute Ubaye ont la chance de ce produire trois ou quatre fois par siècle, tous cela conjugué à une présence tardive de neige de printemps, constituant une réserve d'eau facilement mobilisable par fusion sous l'effet d'averses tièdes, peut ramener le cycle du phénomène à une ou deux fois pas siècle.
Situation météo détaillée début juin 1957